Samedi 22 juillet 2006 6 22 /07 /Juil /2006 01:25
Si ça se trouve, certains d'entre vous se demandent bien dans quel coin du cosmos je suis en train de me dorer la pilule les doigts de pied en éventail. La réponse est nulle part mais cela ne constitue certainement pas un alibi valable pour que je garde le silence ici.

Disons juste que mon amour de la fantaisie digitale me porte à participer à la Tournée des blogueurs, à la fois de belle taille et belle facture.
Par Jonathan Heisser - Publié dans : Fantaisies digitales
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Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /Juin /2006 22:10
Cette petite fantaisie digitale est une variation sur le thème du dyptique Saison 2 tome 8 d'Akynou.

J'improvise donc joyeusement sur la photo suivante d'Alexandre Tinoco.


- Eh, Nicolas, viens voir là ...

- Oh, bonjour Monsieur! Ca faisait longtemps que l'on s'était pas vu ... Pas depuis le moment où je vous ai eu à l'école, je crois ...

- Allez, viens, assieds-toi et raconte moi ce que tu es devenu depuis tout ce temps.

- Oh, vous savez monsieur, moi pas grand-chose, j'ai pas trop bien réussi vous savez.

- Comment ça ? Tu fais quoi comme métier ?

- Moi, je suis boulanger, dans la ville à côté, là bas  ... Enfin, boulanger, c'est un bien grand mot ... C'est moi qui fait le pain pour mon patron qui possède les murs et ne sait même pas ce que c'est que de la farine.

- Et alors ? C'est ça que tu appelles "pas trop bien réussi". Tu fais le pain des autres. Tu fais un métier dur où tu te lèves tôt le matin pour donner du bonheur à tous. Ton patron te laisse tranquille et te paye à la fin du mois. C'est quand même pas mal, non .

- Oui, bien sûr mais, bon ... J'ai du faire des bétises quelque part, monsieur. Vous savez à l'école, je n'étais pas si mauvais et j'aurais peut-être pu gagner plus d'argent.

- Tu crois vraiment que c'est l'argent qui fait le bonheur ? Enfin, bon ... C'est vrai que tu n'étais pas mauvais,  juste un peu turbulent. Et tes petits camarades que sont-ils devenus ? Tu crois qu'ils sont plus heureux maintenant ?

- Ca dépend certains, oui ... Certains non ...

- Ah, bon lesquels ? Comment s'appelait ton grand ami de l'époque, le petit un peu potelé ?

- Alceste ? Ah, et bien lui, il a réussi ... Vous ne saviez pas ? Vous ne l'avez jamais vu à la télévision ?

- Dans le poste de télévision ? Qu'est ce que tu me dis là ? Il travaille là-bas ?

- Oui, il a fait un régime, il est maigre comme un coup et changé de prénom, parce qu'Alceste pour la télé c'était pas vendeur. Mais c'est lui qu'anime la grande émission de vingt heures trente, celle avec toutes les jolies filles, vous savez ...

- Mon Dieu, c'est vrai ... C'est lui ... Ah, qu'est-ce qu'il a changé ... Ah et bien oui, il a réussi, effectivement ...

- Il a même racheté la moitié d'un village pas loin d'ici dans l'arrière-pays ... Vous ne saviez pas ? Quatre vieux mas qu'il fait transformé en villas de grand luxe avec piscine pour ses amis et toutes les filles avec qui ils traînent.

- Ce n'était pourtant pas le plus finaud de la bande ...  Tu me diras, Nicolas, pour ce qu'il fait dans le poste, c'est pas bien important ... Mais bon ... Et ce petit camarade avec des lunettes, tout chétif qui était premier de la classe, il est devenu quoi ?

- Eudes, vous voulez dire ? A h, lui, c'est une autre histoire, il a mal tourné ... Il est en prison, là.

- Ah, bon, un garçon qui était si doué, si gentil. Qu'est-ce qu'il a fait de mal ?

- Des études brillantes ... Et une carrière dangereuse ... Il est devenu Directeur d'une grande entreprise, un marchand d'armes, je crois ... Et puis, ça a mal tourné ... Ils ont inspecté ses comptes et découvert une sorte de caisse noire. Délinquant en col blanc qu'il était. Il jouait avec les comptes pour gagner en bourse et flouer ses ouvriers, corrompait les politiques et tout le toutim.

- Grands dieux. Alors tu vois, tu n'as pas si mal réussi ...

- Ca dépend, vous vous rappelez le petit garçon bizarre qui était venu trois mois dans notre classe. Tout blond, étrange, toujours l'air ailleurs.

- Oh, oui, mon Dieu, celui qui dessinait toujours des moutons.

- Oui, lui ... Lui il a tourné bizarre. Il est devenu patron d'une boîte de nuit interlope à la capitale ... Si vous voyez ce que je veux dire ...

- Oh la, non, tu sais, moi ... Toutes les choses modernes, les ordinateurs, tout ça ...

- Non, monsieur, une boîte de nuit spéciale, La comête qu'elle s'appelle ... On le surnomme la petite princesse maintenant ... Et sa discothèque, son nom c'est pas parce qu'on y voit que des têtes auréolées de lumière ... Mais plutôt pour tout ce traîne derrière ...

- Oh mon Dieu, oui, je comprends ...Tu sais quoi, mon petit Nicolas ? Il faudrait pas vieillir ...

- Je crois que vous avez raison, Monsieur Le Bouillon.

Par Jonathan Heisser - Publié dans : Fantaisies digitales
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Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /Mai /2006 03:00
Cette petite fantaisie digitale est une variation sur le thème du dyptique Saison 2 tome 5 d'Akynou.

J'improvise donc joyeusement sur la photo suivante de sa collection personnelle.


On y peut rien ... C'est comme ça ... C'est la vie ... Mais putain, ce que c'est dur ...

Au départ, vous êtes tranquilles : pendant un temps indéterminé, vous coincez la bulle. Vous savez bien : le bonheur, ça se passe toujours très vite, trop vite. Personne pour vous asséner des calamités à longueur de journées. D'ailleurs les journées, vous êtes bien incapables de les compter tellement vous êtes bien. C'est ça la félicité, ce sont tous ces instants dont on ne se rend compte qu'ils sont heureux qu'une fois qu'ils sont derrière nous.

La preuve, ça ne tarde pas.

Un jour, forcément, ça se termine. Un truc imprévu, du genre que vous pouviez pas même imaginer, vous tombe sur  le coin de la gueule.  Vous avez la désagréable impression que le monde entier se dérobe sous vos pieds et l'absolue certitude que c'est pas qu'une impression. C'est la tuile, le truc qui bouleverse votre existence et qui vous fait plonger tête première dans l'inconnu, subitement. A peine avez-vous le temps d'y penser, à ce qui vous arrive, en vous disant que ça se gâte et que c'était ça le bonheur, que c'était trop beau, que ça pouvait pas durer toujours, que ça empire déjà.

Des cris vous parviennent, et c'est vraiment pas des cris de joie. Ca s'agite, c'est sûr ... Pas autant que vous, qui sentez bien que vous perdez pieds avec la petite réalité bien confortable que vous vous êtiez bâtis. Vous faîtes bien des pieds et des mains pour essayer de vous sauver, de retrouver ce bonheur perdu mais, au fond de vous-même, vous savez bien c'est foutu, que c'est trop tard, que c'est fini, que le bonheur, une fois qu'on sait qu'il est là, c'est qu'il n'y est déjà plus, c'est qu'il est déjà loin.

Alors, vous luttez, quand même, pour la forme ... Même si c'est douloureux, même si vous savez bien que c'est vain, juste pour sauver la face, pour garder dans un petit coin de votre tête cette idée du bonheur, cet espoir qu'un jour, peut-être, il reviendra, mais surtout pour pas avoir trop de regrets de l'avoir perdu, comme ça, sans rien faire, par inadvertance, comme on perdrait ses clés.

Plus vous luttez, plus ça braille fort. C'est pas plus mal, ça donne un peu de classe à ce que vous savez bien être un baroud d'honneur. Profitez-en bien, ça va pas durer et bientôt vous y passerez. D'ailleurs ça y est, vous sentez que c'est trop tard, que c'est fini, que c'est plus la peine de lutter.

Là, vous commenciez à vous dire que tout était terminé, vous vous habituiez presqu'à l'idée de vivre avec votre bonheur perdu et jamais retrouvé, à ce petit souvenir de jardin d'Eden que vous arroseriez constamment dans votre mémoire avec l'espoir secret de le retrouver...

Et ben, non, les emmerdes, c'est comme le bonheur, mais en pire ... Quand on en a vraiment conscience, c'est qu'il y en a un plein chapelet à venir. La preuve.

Il y a ces sons, horribles qui vous percent les tympans, si intenses que vous ne pouvez même pas discerner si la douleur qu'ils contiennent est plus forte que celle qu'elle vous provoque. Puis ce froid qui vous file la chair de poule et vous glace littéralement le sang. Puis ces contacts physiques, l'impression qu'on vous brandit comme un trophée et cette horrible chose métallique qui détruit vos dernières illusions en même temps que toutes les traces de votre passé, mécaniquement, impitoyablement, comme pour mieux vous signifier que tout est vraiment fini.

Vous avez froid, vous êtes nus, vous avez faim, vous êtes seuls et loin de tout dans ce monde hostile. Le bruit horrible a cessé. Vous aimeriez qu'on vous foute, au moins un instant, la paix. Vous tentez de trouvez quelque part où vous réfugiez, là bas, peut-être, vers ces bras tendus.

Ben non, même pas, c'est à ce moment précis qu'un abruti vous fout une gigantesque claque sur les fesses. Vous braillez comme un âne avec d'autant plus de vigueur que ce connard a l'air a l'air content de lui et pérore devant un auditoire qui boit ses paroles. Un truc bizarre et glacial emplit vos poumons.

On y peut rien ... C'est comme ça que ça commence la vie ... Mais putain, ce que c'est dur et pas uniquement à cause de ce début ...

Ca sera toujours comme ça : le bonheur qui ne se matérialise que quand il s'estompe, les emmerdes qui se pointent toujours par demi-douzaines, les gens qui ne se privent jamais pour vous botter les fesses d'une manière ou d'une autre, qui vous considèrent toujours comme un trophée sans prêter la moindre attention à l'être humain que vous êtes.

Il ya qu'à la toute fin que parfois il y a une variante.

Des fois, avant de crever, t'as ni le temps de crier, ni même celui de respirer.
Par Jonathan Heisser - Publié dans : Fantaisies digitales
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Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /Mai /2006 03:00
C'est plus que le service minimum ici. Boulot, boulot, si vous saviez le nombre de footbaleurs qui vont prendre leur retraite dans les mois qui viennent et qui cherchent des petites mains comme moi pour leur tenir la plume ...
Personnellement, j'en ai rencontré deux : un très intelligent et très fin, qui voulait cosigner son livre avec moi, avec plein de choses à dire et suffisamment de tête sur les épaules pour les écrire tout seul. Et un autre, très con ... Evidemment, c'est celui-là dont votre serviteur écrit l'autobiographie. Alors, je vous promets que mon prochain "livre" sera passionnant, du style de ceux qui dissertent sur plus de vingt pages sur l'usage du pied droit ou celui du pied gauche.

Ne pensez surtout pas que les gens riches ont une vie trépidante, j'échangerais pas ma vie de misère contre ses millions.

Revenons en vitesse à mon propos et à ce titre lapidaire, puisque j'ai appris récemment qu'un des livres "dont je ne suis pas l'auteur" est étudié au baccalauréat.
J'imagine aisément cette cohorte d'adolescent boutonneux, croisant les doigts pour présenter devant un jury compassé - présent et à venir comme dirait l'autre - un extrait de ma biographie d'un chanteur has been, plutôt que le monologue de Clindor dans l'Illusion Comique ou un quelconque inventaire du caractère des personnages des Misérables.

Le père Hugo et père Goriot se retournent dans leurs tombes, les pauvres. Comparez leurs mots et les miens décrivant les malheurs passés d'un minet devenu chanteur à minettes, vous comprendrez. Vous comprendrez pourquoi ils sont au Panthéon et pourquoi moi, je finirais au purgatoire des écrivaillons. Quelle consécration à la con, pour moi qui n'ait jamais pu poser mon nom sur la couverture des torche-culs que je commets que d'en faire baver à la génération future.

Les enfants, surtout vous prenez pas la tête sur la place d'une virgule, le sens des périphrases à la con et tout le toutim. C'est pas des mots qu'il y a dans mon chef d'oeuvre, même s'il est inconnu comme celui de Balzac. Non, c'est des sandwiches, des paquets de nouilles, des boîtes de thon, des factures à payer, des clopes que je fume fébrilment pour gagner le luxe de pouvoir les fumer. C'est juste un métier, pas très honnête, pas très reluisant, pas aussi bien que celui auquel vous aspirez. J'aurais bien fait autre chose, vous savez, j'ai même essayé mais j'y peux rien, j'ai ça dans le sang. Comme Victor Hugo qu'avait plein d'autres qualités que j'ai pas et justement, parce qu'il y en a plein, je suis heureux du petit peu que m'a annoncé mon négrier et fier de clamer ce soir : "Dans ton cul, Victor Hugo !!"
Par Jonathan Heisser - Publié dans : Ma vie de fantôme
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Lundi 22 mai 2006 1 22 /05 /Mai /2006 01:00
Cette petite fantaisie digitale est une variation sur le thème du dyptique Saison 2 tome 4 d'Akynou.

J'improvise donc joyeusement sur la photo suivante de Frank Paul.


Tout le monde dit que je suis un crétin. C'est vrai que je suis pas très malin, mais bon de là à dire que je suis l'idiot du village. C'est pas vrai. Enfin, si ça l'est ...
Si on considère qu'un village qui s'est pas trouvé d'idiot, est un villages avec que des idiots dedans. Aussi bête que je sois et même si j'ai pas eu mon permis pour les autos, j'ai au moins eu mon permis de chasse. Et je sais deux ou trois trucs importants, il suffit juste qu'on m'explique bien et je comprend.
Par exemple, quand j'avais trois ans, mon tonton m'avait offert un ours en peluche et bien pour que je pige bien que les ours c'est gentil qu'en peluche, il m'avait fait regardé une cassette vidéo où un ours attaquait les gens. Depuis je sais tout sur les ours, comme les trappeurs, qu'avec leurs pattes et leurs griffes, il sont pas mignons, mais méchants. Qu'avec leur patte droite, ils te donnent des grands coups de griffe pendant qu'il t'assomment avec la gauche.

Parce qu'ils sont gauchers les ours, je le sais, moi. Je l'ai vu sur la vidéo. Et ils sont méchants aussi.

Alors depuis qu'ils disent dans le poste qu'ils vont remettre des ours dans le coin, moi j'ai pas peur. Je vais leur montrer, au village, qui c'est l'idiot.
Moi, je sais qu'un ours c'est dangereux. Eux, ils veulent faire une fête quand il va arriver.
Ils vont bien comprendre qui c'est qu'a raison quand j'y aurais réglé son compte au bestiau avec mon nouveau fusil que j'ai acheté exprès.
Je vois déjà sa tête, empaillée au dessus du bureau du maire et sa peau en tapis dans mon salon.
Je les vois, surtout, arrêter de se moquer de moi parce que j'ai pas eu de quoi conduire une voiture et que j'ai qu'une mobylette.
Ils vont bien voir qui c'est l'idiot du village ...
Par Jonathan Heisser - Publié dans : Fantaisies digitales
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