Cette petite fantaisie digitale est une variation sur le
thème du dyptique Saison 2 tome 5 d'Akynou.
J'improvise donc joyeusement sur la photo suivante de sa collection personnelle.
On y peut rien ... C'est comme ça ... C'est la vie ... Mais putain, ce que c'est dur ...
Au départ, vous êtes tranquilles : pendant un temps indéterminé, vous coincez la bulle. Vous savez bien : le bonheur, ça se passe toujours très vite, trop vite. Personne pour vous asséner des calamités à longueur de journées. D'ailleurs les journées, vous êtes bien incapables de les compter tellement vous êtes bien. C'est ça la félicité, ce sont tous ces instants dont on ne se rend compte qu'ils sont heureux qu'une fois qu'ils sont derrière nous.
La preuve, ça ne tarde pas.
Un jour, forcément, ça se termine. Un truc imprévu, du genre que vous pouviez pas même imaginer, vous tombe sur le coin de la gueule. Vous avez la désagréable impression que le monde entier se dérobe sous vos pieds et l'absolue certitude que c'est pas qu'une impression. C'est la tuile, le truc qui bouleverse votre existence et qui vous fait plonger tête première dans l'inconnu, subitement. A peine avez-vous le temps d'y penser, à ce qui vous arrive, en vous disant que ça se gâte et que c'était ça le bonheur, que c'était trop beau, que ça pouvait pas durer toujours, que ça empire déjà.
Des cris vous parviennent, et c'est vraiment pas des cris de joie. Ca s'agite, c'est sûr ... Pas autant que vous, qui sentez bien que vous perdez pieds avec la petite réalité bien confortable que vous vous êtiez bâtis. Vous faîtes bien des pieds et des mains pour essayer de vous sauver, de retrouver ce bonheur perdu mais, au fond de vous-même, vous savez bien c'est foutu, que c'est trop tard, que c'est fini, que le bonheur, une fois qu'on sait qu'il est là, c'est qu'il n'y est déjà plus, c'est qu'il est déjà loin.
Alors, vous luttez, quand même, pour la forme ... Même si c'est douloureux, même si vous savez bien que c'est vain, juste pour sauver la face, pour garder dans un petit coin de votre tête cette idée du bonheur, cet espoir qu'un jour, peut-être, il reviendra, mais surtout pour pas avoir trop de regrets de l'avoir perdu, comme ça, sans rien faire, par inadvertance, comme on perdrait ses clés.
Plus vous luttez, plus ça braille fort. C'est pas plus mal, ça donne un peu de classe à ce que vous savez bien être un baroud d'honneur. Profitez-en bien, ça va pas durer et bientôt vous y passerez. D'ailleurs ça y est, vous sentez que c'est trop tard, que c'est fini, que c'est plus la peine de lutter.
Là, vous commenciez à vous dire que tout était terminé, vous vous habituiez presqu'à l'idée de vivre avec votre bonheur perdu et jamais retrouvé, à ce petit souvenir de jardin d'Eden que vous arroseriez constamment dans votre mémoire avec l'espoir secret de le retrouver...
Et ben, non, les emmerdes, c'est comme le bonheur, mais en pire ... Quand on en a vraiment conscience, c'est qu'il y en a un plein chapelet à venir. La preuve.
Il y a ces sons, horribles qui vous percent les tympans, si intenses que vous ne pouvez même pas discerner si la douleur qu'ils contiennent est plus forte que celle qu'elle vous provoque. Puis ce froid qui vous file la chair de poule et vous glace littéralement le sang. Puis ces contacts physiques, l'impression qu'on vous brandit comme un trophée et cette horrible chose métallique qui détruit vos dernières illusions en même temps que toutes les traces de votre passé, mécaniquement, impitoyablement, comme pour mieux vous signifier que tout est vraiment fini.
Vous avez froid, vous êtes nus, vous avez faim, vous êtes seuls et loin de tout dans ce monde hostile. Le bruit horrible a cessé. Vous aimeriez qu'on vous foute, au moins un instant, la paix. Vous tentez de trouvez quelque part où vous réfugiez, là bas, peut-être, vers ces bras tendus.
Ben non, même pas, c'est à ce moment précis qu'un abruti vous fout une gigantesque claque sur les fesses. Vous braillez comme un âne avec d'autant plus de vigueur que ce connard a l'air a l'air content de lui et pérore devant un auditoire qui boit ses paroles. Un truc bizarre et glacial emplit vos poumons.
On y peut rien ... C'est comme ça que ça commence la vie ... Mais putain, ce que c'est dur et pas uniquement à cause de ce début ...
Ca sera toujours comme ça : le bonheur qui ne se matérialise que quand il s'estompe, les emmerdes qui se pointent toujours par demi-douzaines, les gens qui ne se privent jamais pour vous botter les fesses d'une manière ou d'une autre, qui vous considèrent toujours comme un trophée sans prêter la moindre attention à l'être humain que vous êtes.
Il ya qu'à la toute fin que parfois il y a une variante.
Des fois, avant de crever, t'as ni le temps de crier, ni même celui de respirer.
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